La leçon de clôture du cycle WEPS passe de la doctrine et de l'architecture à l'argent — et s'ouvre sur une règle que la leçon s'impose tout du long : chaque chiffre sera attribué précisément à sa source, et à ce qu'il mesure réellement, pas à ce qu'on aimerait qu'il mesure. Sur un sujet aussi facile à sensationnaliser, cette discipline est le véritable fondement de l'argument.
La leçon commence par expliquer un mécanisme, pas un coupable. Le dispositif français de prévention des feux de forêt, la DFCI, a vu son financement réduit de 34 millions d'euros dans le budget 2025 — quelques mois avant Ribaute. Ce n'est pas de la négligence ; c'est structurel. Une dépense d'extinction est visible et immédiate. Une dépense de prévention produit un résultat qui est, par construction, invisible : personne ne tient de conférence de presse pour l'incendie qui n'a pas eu lieu. Cette asymétrie explique pourquoi les lignes de prévention sont coupées en premier, presque partout, indépendamment de leur rapport coût-bénéfice réel.
Elle corrige ensuite un chiffre qui circule constamment et ne devrait pas : les 5,2 milliards d'euros souvent cités comme le coût des incendies de forêt en France sont, en réalité, le total de France Assureurs pour l'ensemble des sinistres climatiques — la grêle à elle seule en représente 43 %. Les incendies de forêt n'y sont même pas isolés comme catégorie propre, en partie parce qu'ils sortent structurellement du régime d'assurance des catastrophes naturelles françaises. À la place, la leçon n'utilise que des chiffres précisément sourcés : environ 80 millions d'euros d'indemnisations pour les seuls incendies de Gironde de 2022, et l'économie touristique — 7 % du PIB du département — directement exposée à chaque récidive.
Cela pose la comparaison centrale de la leçon. Un déploiement WEPS sur une zone de la taille de Ribaute coûte, selon les estimations, entre 300 000 et 2,8 millions d'euros, selon la configuration — plus de deux ordres de grandeur en dessous des 80 millions d'euros d'indemnisations en Gironde à eux seuls, et du même ordre de grandeur que la coupe budgétaire de la DFCI elle-même. Il ne s'agit pas de demander un argent fondamentalement nouveau. C'est un argument pour rediriger une partie d'un budget dont l'insuffisance a déjà été débattue publiquement.
La leçon se termine sur un recadrage, pas sur un nouveau chiffre : la prévention traitée non pas comme une ligne budgétaire à sacrifier en premier, mais comme une infrastructure — quelque chose que l'on construit une fois, que l'on entretient, et qui réduit le coût de la prochaine catastrophe plutôt que d'attendre de la payer. Ribaute, en 2025. Les Landes et la Gironde, en 2026. Si rien ne change dans la façon dont cette dépense est comprise, rien n'indique que 2027 sera différent.